dubegaiementdansmaclasse

Site destiné aux enseignants

Origines et facteurs 5 janvier 2013

A ce jour, on ne peut déterminer la cause précise du bégaiement développemental. L’état actuel des connaissances permet uniquement d’élaborer des hypothèses, qui tendent quasiment toutes vers une explication multifactorielle :

 

Le facteur génétique : les recherches menées jusqu’à ce jour amènent à penser que l’origine la plus probable du bégaiement serait d’ordre génétique. Il existerait une prédisposition génétique au bégaiement, résultant de l’action de plusieurs gènes. Le risque de développer un bégaiement est multiplié par trois chez une personne qui a un parent atteint de bégaiement.

Le facteur neuro-développemental: d’autres études se penchent sur un possible dysfonctionnement d’ordre neuro-développemental.

– L’hémisphère gauche du cerveau, zone du langage, de la parole, de la planification…, présenterait des particularités, notamment un manque de densité des faisceaux de neurones, qui nuirait à leur bon fonctionnement, compensées inefficacement par l’hémi-cerveau droit.

– L’activation cérébrale du cerveau droit, serait, de la même façon, plus importante pendant les périodes de bégaiement et de non bégaiement, lors de la parole, chez les sujets qui bégaient. Pendant des tâches de parole et de langage, l’activité cérébrale a lieu majoritairement dans l’hémisphère gauche chez les locuteurs non bègues, alors que les locuteurs bègues activeraient plus souvent leur hémisphère droit. Après une thérapie du bégaiement, l’activité cérébrale se fait préférentiellement dans des régions de l’hémisphère gauche lors de tâches de parole.

L’imagerie médicale a pu mettre en avant des différences dans le cerveau des personnes bègues par rapport à celui des personnes non-bègues. On peut retenir comme éléments principaux, une réduction de la substance blanche dans les régions motrices oro-faciales gauches, ainsi qu’une réduction de la substance grise dans la région frontale inférieure gauche, dont l’aire de Broca. Ces deux régions appartiennent à la portion antérieure du centre langagier périsylvien et sont actives durant la production de la parole. On remarquerait également une asymétrie dans le planum temporale, entre autres. La boucle cortico-striato-pallido-thalamo-corticale est impliquée dans la production de la parole, et les disfluences pourraient résulter d’un dysfonctionnement de cette boucle.

– La dopamine: Une autre hypothèse avancée serait une sécrétion trop importante de dopamine, qui engendrerait une perturbation du fonctionnement des centres sous-corticaux ou ganglions de base, particulièrement les noyaux gris centraux, se situant dans le cerveau et déclencherait ainsi des mouvements moteurs involontaires, tels que le bégaiement.

– Le feedback: Les personnes qui bégaient auraient moins de facilités à s’auto-écouter lorsqu’ils parlent, et ainsi à ajuster leur débit de parole à leurs capacités motrices, entre autres. On parle également d’ « inhibition des aires auditives ». Diverses études se rejoignent, attestant chez les sujets qui bégaient, un traitement auditif de moins bonne qualité sur la temporalité, une réponse du cerveau plus tardive face aux stimuli, une prédominance du cerveau droit via une oreille gauche plus efficace, ainsi qu’une diminution des bégayages lors d’une suppression ou modification du feed-back auditif.

– Le facteur du traitement temporel et du contrôle sensori-moteur: Les personnes présentant un bégaiement auraient un déficit du traitement temporel des signaux auditifs, au niveau des processus auditifs centraux. De même, les recherches mettent en  évidence un temps de réaction plus long chez les individus bègues, lors de tâches de production de la parole, de coordination motrice, et d’exécution de mouvements fins. Les personnes bègues auraient des temps de réaction laryngés plus longs que les individus non-bègues, lors de tâches de parole.

– Le facteur linguistique: En ce qui concerne le langage, le développement est très rapide et très complexe lors des premières années de la vie de l’enfant. Le lexique s’accroît de façon exponentielle entre 2 et 5 ans. Egalement, les énoncés produits par l’enfant se diversifient et s’allongent durant cette période. Le débit s’accélère car l’enfant a de plus en plus de choses à dire. S’il s’accélère trop, il peut dépasser les compétences motrices de l’enfant. Les muscles de la parole vont alors présenter des difficultés de coordination, ce qui engendre des disfluences.

 

Il est important de toujours garder en tête que c’est l’interaction entre plusieurs facteurs qui est à l’origine du bégaiement.

 

Le bégaiement est un trouble d’origine génétique avec une composante neurologique. L’enfant naît avec une prédisposition à bégayer qui s’exprimera ou non dans la petite enfance.

 

Sur ce terrain prédisposant, certains facteurs peuvent contribuer au déclenchement du bégaiement, et éventuellement conduire à son automatisation.

 

On parle de facteurs favorisant l’apparition et l’entretien du bégaiement, pour tout ce qui pourrait déclencher un stress (positif ou négatif) et ainsi entrainer, entre autres, une augmentation ou diminution de la dopamine :

 

  • La pression temporelle par exemple, dans laquelle vivent certaines familles, ne permettant pas toujours à l’enfant de se structurer autour de repères rassurants.
  • Des comportements linguistiques non adaptés à l’enfant, ainsi que des demandes éducatives trop exigeantes ; l’enfant développe ainsi un comportement d’effort inadapté qui perturbe l’harmonie de son développement, en particulier langagier.
  • Les réactions et diverses remarques adressées à l’enfant qui commence à bégayer, peuvent le conduire, à mettre en place des techniques d’évitement, à s’énerver et à faire monter sa tension par des réactions de lutte.
  • La fatigue.
  • Les émotions.
  • Le facteur psychologique : des événements particuliers peuvent avoir lieu dans la vie de l’enfant, suscitant une grande émotion, et vont déclencher ou aggraver les troubles. Ces évènements peuvent être de tout type : une séparation, un deuil, le divorce des parents, une naissance dans la fratrie, un déménagement, l’entrée à l’école,…

Ces événements ne sont pas la cause du bégaiement mais un déclencheur potentiel chez un enfant prédisposé à bégayer.

Notons que ces différentes composantes peuvent être présentes dans le quotidien d’un enfant, mais bien souvent ne jamais déclencher ni favoriser un bégaiement. Certains de ces facteurs peuvent conduire à l’automatisation du bégaiement.

 

One Response to “Origines et facteurs”

  1. Cédric Says:

    Ce que je n’aime pas dans l’idée des « facteurs favorisants l’apparition » c’est qu’on peut les retrouver chez la plupart des enfants qui ne bégayeront jamais, soit plus de 95% de tous les enfants. Simple raisonnement statistique. Je n’aime pas renforcer de la culpabilité chez l’entourage des enfants. J’aime l’idée de dire « vous pouvez contribuer à la diminution, voire à la disparition d’un bégaiement en consultant un orthophoniste, professionnel compétent, et en appliquant ses conseils autant que possible, qui peuvent passer par la réduction de ces facteurs d’entretien.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s